Du mal-être à l’exclusion

Crier au scandale quand voitures en feu et destructions en tout genre sont le lot de certaines villes de banlieue c’est non seulement inefficace, mais hypocrite. Comme responsables, les pouvoirs publics sont au premier rang. Depuis des années dans les banlieues, ils ont laissé s’installer l’exclusion en plus du mal-être partagé par de nombreux jeunes. Ce n’est pas d’un seul coup que ces jeunes éprouvent le besoin d’exprimer l’exclusion dont ils sont l’objet (école, boulot, culture, logement). Ils ont été installés dans des itinéraires qui débouchent sur une absence de sens. Les médiateurs et associations mis en place n’ont jamais eu les moyens d’une réelle action. Et aujourd’hui le gouvernement veut que la répression résolve la question. Elle n’a jamais rien résolu. Ce sont bien la politique d’intégration et celle de la démocratie sociale qui sont en cause : il s’agit d’avoir une vision politique, et non technique, de l’intégration. Celle-ci n’est pas à part, elle fait entièrement partie d’une politique. Et il n’est pas question de s’occuper un jour des jeunes des banlieues, le lendemain des autres jeunes, et un autre jour encore d’autres populations. La lutte contre les exclusions, c’est une vision de la société ! 

À leur manière aussi les stagiaires en entreprise nous ont montré leur ras-le-bol de n’être pas considérés à la hauteur de ce qu’ils sont. Les uns comme les autres nous appellent à leur faire une place reconnue et respectée leur permettant de contribuer à la construction d’un futur plus juste.