Le théâtre de la ville

Il est très facile à une municipalité de communiquer par voie d’affichage, par magazine, site web, tracts. Il est bien plus difficile de communiquer directement, bien plus risqué de s’exposer physiquement aux peurs, aux passions, aux fantasmes de ses concitoyens ou de mettre en danger telle ou telle communauté de la ville.

Non, nous n’étions pas au « Théâtre français » ce soir du 22 avril à Jean Arp.

En réponse à l’émission de France 2, Envoyé spécial, la municipalité avait organisé un débat sur La place de l’Islam en France et ce soir-là, la France c’était Clamart. Une salle comble essaya d’entendre, de comprendre, de voir, de toucher les réalités de sa ville.

Les exercices de communication directe sont rares, celui-ci s’avéra courageux. Le paquebot naviguait en mer agitée et on ne savait si les vagues le fracasseraient sur le port ou si elles le porteraient vers le large. Il fallut beaucoup de talent et de force à quelques intervenants  pour faire valoir l’écoute et la compréhension. Ayant entendu, la salle s’apaisa, un peu.

Il faut remonter au projet MUSE pour se souvenir d’un tel exercice de communication directe. Et encore, il ne s’agissait pas là de confronter des intérêts divergents puisque la quasi-totalité des Clamartois s’opposait à ce projet d’autoroute souterraine. Ce soir du 22 avril, les communautés religieuses finirent par s’écouter, peut-être pas encore par se comprendre. Cependant, la voie du dialogue et de l’échange est certainement celle qu’il faut creuser si on veut substituer à une marqueterie de communautés, religieuses, politiques ou sociales, un véritable sentiment collectif nourri de respect et de tolérance.